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Jean-Luc Bonniol

Où en est l’ethnomusicologie ?

Approche comparées de l'historien et du chercheur en études cinématographiques et audiovisuelles

Journée du 3 février 2006 de13h30 à 18heures – MMSH – Salle Paul-Albert Février

Organisée par le Pôle Images-Sons et recherches en Sciences Humaines et l’Institut d’Ethnologie Méditerranéenne et Comparative

L’ethnomusicologie a été toujours quelque peu considérée comme une cousine éloignée de l’anthropologie, reléguée en bout de table lors des banquets familiaux... Dans une récente livraison de la revue L’Homme, les concepteurs du numéro « Musique et anthropologie » font le constat désabusé que les connaissances qu’elle a contribué à engranger ont été souvent minimisées par les anthropologues, et qu’il y a peut-être là un « obstacle épistémologique » à surmonter… Car la musique ne peut que figurer de plain-pied dans les thèmes majeurs de l’anthropologie : « socialement décisive, psychologiquement active », elle ne saurait d’ailleurs être réduite à ses aspects sociaux et culturels ; elle constitue, par sa matière sonore même, une réalité structurelle dont il s’agit d’explorer les fonctions, l’efficacité et le sens, à la fois du côté de la production musicale, mais aussi de la réception des sons musicaux, l’oreille apparaissant en la matière comme « culturellement conditionnée »…

A l’heure de la mondialisation, qui  accompagne à première vue le déclin des musiques « traditionnelles », il est cependant permis de s’interroger sur son devenir… L’ethnomusicologie doit-elle désormais s’intéresser aux musiques « métisses », « modernes », « populaires », ou doit-elle se confiner dans la nostalgie des « esthétiques perdues » ? Son objet classique n’a-t-il pas tendance à se brouiller, du fait même des mécanismes de déterritorialisation, d’interconnexion qui affectent les musiques dans le mouvement d’un grand mixage global ? Ne peut-on pas aussi penser, dans le même temps, que ce mouvement doit être relativisé, les musiques « traditionnelles » pouvant d’une part apparaître comme des formes de résistance face à la mondialisation (contribuant à la cristallisation de certaines identités locales…) et pouvant d’autre part  être utilisées comme matériaux des nouvelles productions musicales, participant par là aux infinies variations liées aux modes locaux d’invention culturelle ? Le problème de la construction de l’authenticité, tant du point de vue interne qu’externe aux groupes concernés, restant, dans tous les cas, au cœur de la réflexion…

Le séminaire didactique du 3 février 2006 devrait apporter des éléments de réponse à ces interrogations.

Liste des intervenants et titre des interventions

Monique Desroches, Professeur d’ethnomusicologie à l’Université de Montréal

Spécialiste des musiques créoles (Caraïbe, océan Indien)

L’ethnomusicologie : à l’aube d’une crise identitaire? 

Marc Chemillier, Maître de conférences à l’Université de Caen, en délégation à l’IRCAM

Mathématicien et informaticien, de formation, Marc Chemillier oriente sa recherche dans deux directions principales : informatique et musicologie, application de modèles formels en ethnomusicologie et ethnomathématiques. Il est le principal artisan de la galerie « clés d’écoute » du laboratoire d’ethnomusicologie du Musée de l’Homme et a été missionné par le musée du Quai Branly pour alimenter les bornes interactives relevant de l’ethnomusicologie.

Nouvelles écritures multimedia pour l’ethnomusicologie 

Bernard Lortat-Jacob, Directeur de recherches au CNRS, membre du laboratoire d’ethnomusicologie du Musée de L’Homme, spécialiste des musiques de Méditerranée (Maroc berbère, Sardaigne, Albanie, Roumanie).

Parmi les projets de l’ethnomusicologie : objectiver l’indicible

Pour citer cet article :

Bonniol, Jean-Luc. "Où en est l’ethnomusicologie ?". Imageson.org, 3 février 2006 [En ligne]
http://www.imageson.org/document699.html
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