Communication présentée lors du colloque Les écritures d’écran : histoire, pratiques et espaces sur le Web, mercredi 18 et jeudi 19 mai 2005, Aix-en-Provence, Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme.
L’utilisation des NTIC dans les processus éditoriaux en SHS est souvent vécue par les acteurs comme l'intrusion d'une rationalité externe (c’est-à-dire technique) venant bouleverser des usages bien établis et provoquant des effets de déstabilisation inquiétants. Pourtant, on peut se demander si les phénomènes pointés du doigt par les acteurs (auteurs, éditeurs, bibliothécaires, lecteurs, responsables administratifs et scientifiques) ne sont pas le résultat d'une projection de questions non résolues quant au rôle de chacun, quant aux statuts des écrits, ou même à la place qu'occupent les SHS dans le spectre large de production et de circulation des savoirs. Dès lors, on peut tenter de soutenir la conception des nouvelles technologies non pas comme vecteur d'innovation dans les usages, mais comme révélateur (au sens quasiment chimique du terme) de tensions, d'instabilités, en somme d'une dynamique sociale dont les acteurs ne peuvent débattre que sous une figure méconnue, celle de la médiation technique. On peut essayer de préciser, à partir de quelques exemples concrets, quelles dimensions de l'écriture scientifique sont ainsi révélées dans ce processus.
Le texte intégral de cette communication sera publié après le colloque.
Membre du laboratoire Communication, Culture et Société