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Véronique Ginouvès

Musiciens dans la ville : 1600-1850

Sylvie Granger

Paris : Belin, 2002.

(Histoire et société ; Essais d’histoire moderne).

ISBN 2-7011-2993-1

Sylvie Granger a suivi pendant 250 ans 1000 musiciens, et quelques rares musiciennes, en consultant les archives de la ville Mans. Qu’ils « jouent du violon, « pincent » la guitare et la harpe, « touchent » le clavecin et le piano ou « montrent » à danser et à chanter, leur vie est fouillée de fond en comble, dans la mesure bien sûr de ce que les archives imprimées peuvent nous dire. Car, comme le souligne l’auteur lui-même, la musique et la danse font partie de l’éphémère et si les partitions demeurent sur le papier, le son, l’émotion, les concerts,… ont disparu. C’est pourtant ce que tente de faire ressurgir Sylvie Granger et très vite on s’attache aux personnages qu’elle décrit : ces maîtres de chapelle qui essaient de faire passer leurs goûts pour les modernes aux chanoines comme Jules Martin ou Johl Kan, ces professeurs qui parcourent la ville d’élèves en élèves pour donner leurs cours particuliers comme le sieur Brossier qui dès 1810 enseigne non seulement les contredanses mais aussi la valse ou Pierre Allain-Dupré qui outre ses cours édite une Méthode pour décrire les pas de danse. Tous ont du caractère puisque souvent (62% des cas nous est-il dit) ce sont les musiciens qui démissionnent de leur emploi et quand ils sont renvoyés c’est la plupart du temps à cause de la vivacité de leur caractère, les blasphèmes, injures et invectives qui leur ont échappé ou les bagarres qu’ils ont suscitées. A travers la ville, de quartiers en quartier et de rues en rues, nous les suivons à la trace. Leurs amitiés et leurs mariages sont l’occasion de décrypter leur sociabilité et leurs individualismes et lorsque nous entrons dans leur demeure, riche ou pauvre, rien n’est laissé de côté. Nous savons tout de leurs meubles, leurs vêtements, leurs livres, leurs chambres à coucher ou leur cuisines… Le maître de danse, en culotte de velours, boit son vin dans un gobelet d’argent ou son café dans des tasses en porcelaine tandis que le ménétrier, sans culotte, n’a pas de casserole même en 1821. Un glossaire et une bibliographie viennent compléter l’ouvrage et un index des noms de personnes citées nous permet de parcourir de façon transversale les vies de tous ces musiciens.

Pour citer cet article :

Ginouvès, Véronique. "Musiciens dans la ville : 1600-1850". Imageson.org, 7 février 2005 [En ligne]
http://www.imageson.org/document536.html
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